Alexandre Marles : « Gourcuff n’a jamais été aussi bien depuis qu’il est à Lyon »

Marles-Vincent-Ferrière

Photo : http://www.olympique-et-lyonnais.com/

DirectNews consacre une interview à Alexandre Marles (directeur de la performance de l’Olympique Lyonnais).

Nous allons revenir sur son métier, les blessures, la préparation et la suite de la saison.

Vous êtes directeur de la performance à l’Olympique Lyonnais. Comment devient-on directeur de la performance pour ceux qui souhaitent faire ce métier ?

C’est un métier qui n’existe pas en France de manière récurrente. C’est le préparateur physique qui fait office de responsable performance ou parfois le médecin. C’est une fonction qui n’est pas évidente car on gère pas mal de choses.

En Angleterre, en Italie ou en Allemagne, ils ont tous un directeur de performance. En France, il y a seulement trois clubs : Lyon, Paris et Lille.

Il faut une connaissance à la fois médicale, physiologiste, de préparation physique, il faut cumuler les  fonctions et les compétences.

L’objectif est de comprendre les logiques de chacun, le travail au niveau du staff et de la préparation physique, du suivi médical pour en tirer le meilleur pour les joueurs.

Vous avez connu un début de saison difficile avec beaucoup de blessures, comment l’avez-vous vécu ?

Quand je suis arrivé, j’avais demandé 3 mois. Quand on change quelque chose dans un club, ça concerne la structure club, le staff est touché, le médical est touché, l’infrastructure est touché et les joueurs sont touchés.

On a changé les machines de travail, la nutrition, etc…

Ce n’est pas évident. Ça ne se fait pas du jour au lendemain,les résultats s’obtiennent après 2-3 mois de travail. Je n’avais pas une baguette magique pour dire « tu vas courir plus vite ou tu ne vas plus être blessé ».

C’était compliqué, beaucoup de collèges m’ont dit : « Tu vas voir, ça va être compliqué avec les jeunes, l’empreinte des titres, etc… ». Je le savais avant de venir.

J’ai eu carte blanche de la part de Monsieur Aulas. J’ai recruté trois personnes pour étoffer le staff.

On a essayé de restructurer les choses, ça ne se fait pas automatiquement. Il y a eu un changement du matériel de musculation, la création d’une butte et d’un terrain de sable, un changement du cahier des charges concernant la restauration avant les matchs à l’extérieur et domicile.

Il y a eu des changements dans la préparation physique car je mise sur un travail avec le ballon et moins sur le travail sans ballon même si on en fait encore un peu.

On a aussi commencé le GPS pour chaque joueur. Cela permet de suivre au quotidien les joueurs.

On a repris fin juin – début juillet, on a reçu les équipements début septembre concernant la salle de musculation. La butte et le bac à sable aussi. L’espace restauration a été inauguré début août.

On a eu un système GPS par joueur début novembre. Il m’a fallu un temps pour pouvoir mettre les choses en place.

Vous avez aménagé le centre d’entrainement avec une piste en sable et la création d’une butte. A quoi ça sert ?

Il y a plusieurs objectifs dedans. Tout d’abord, c’est d’individualiser le travail, chacun a son programme en fonction des blessures du passé.

Ensuite, il y a du travail physique du développement musculaire. Tous les jours, il y a 30 minutes en salle avant chaque entrainement, c’est nouveau.

Avant, c’était une fois par semaine.

Dans la charge de travail, on voit des joueurs présents physiquement en fin de match.

Le sable, ça sert aux blessés pour un travail d’appuis, de reprise, c’est moins dur de courir dans le sable.

Tous ceux qui sont assez âgés ou qui ont des problèmes à répétitions (Gourcuff, Bisevac, Malbranque, Dabo, Koné), on essaye de les mettre dans le sable car ça permet de les préserver sur les appuis.

On a aussi des joueurs explosifs (Lacazette, Jallet, Fékir, Njie). Le travail explosibilité se fait en côte grâce à la butte.

Les latéraux doivent faire un travail en côte, c’est très important.

Pour les milieux de terrain, ils font un travail sur le terrain avec la répétition de sprints, des changements de direction à haute intensité.

Le but est d’individualiser.

Quelles sont les modifications à faire d’ici la fin de saison ?

Sur la saison, il y a eu un gros travail en salle. En début de saison, Hubert Fournier m’a dit qu’avant d’aller sur le terrain, les joueurs étaient déjà fatigués. Il faut trouver un juste milieu car si après ils ne sont plus capables de jouer au ballon, ce n’est pas possible.

Moi je n’ai jamais été inquiet même si au début de saison c’était dur. Je m’attendais pas à être deuxième mais je savais très bien qu’on serait dans les 5-6 premiers.

Il y aura du changement dans la salle de musculation. L’année prochaine, il y aura du nouveau dans la récupération avec la cryothérapie.

Je ne vais pas envoyer un joueur qui n’aime pas le froid dans un bain froid.

Il faut laisser libre les joueurs.

Par exemple, je n’oblige pas les joueurs à venir à la restauration. La saison dernière, il y avait 9% de petit déjeuner, 7% de déjeuner et maintenant 80% de petit déjeuner et 94% de déjeuner. Je n’ai même pas besoin de dire de venir.

Après l’entrainement, on a aussi fait des boissons de récupération. Avant que j’arrive, personne ne prenait une boisson de récupération.

Lyon fait une très bonne saison, pensez-vous que l’équipe est capable de répéter les efforts jusqu’à la fin de saison ?

Aujourd’hui, on aimerait bien rester deuxième, on aimerait être dans les 5 premiers à la fin. Potentiellement, il y a des équipes plus fortes que nous, Paris devrait gagner le championnat sauf catastrophe, Marseille fait un bon début de saison, Monaco va revenir. Il faut être prudent.

On n’a que 18 joueurs pour aller au prochain match avec Gourcuff et Bahlouli.

Ça se jouera d’ici 2-3 mois. Il y a un objectif de finale en Coupe de France. Quand on joue 1 match par semaine, c’est toujours un peu long, c’est important de rester en Coupe de France.

On va faire un point sur les dossiers sensibles de l’Olympique Lyonnais. Il y a encore des blessés comme toujours…

Je m’en suis très vite aperçu. Je suis arrivé 5 jours après les autres. On m’a dit que 9 joueurs n’avaient pas fait les 5 premiers jours. On a commencé la saison, il y avait déjà 9 blessés.

C’est une mauvaise gestion, certains joueurs sont partis en vacances avec une blessure.

Concernant Yoann Gourcuff, on pourra le revoir quand sur un terrain de Ligue 1 ?

Yoann n’est pas blessé depuis 3 semaines. Il devrait jouer ce week-end. C’est des problèmes de stabilisation du bassin, il était inquiet. Il n’a jamais été aussi bien depuis qu’il est à Lyon. Il n’a aucune lésion musculaire depuis le mois de septembre.

C’est un problème de confiance ?

Oui, quand on se blesse souvent, il y a un problème de confiance. Il n’y a rien sur l’IRM et les scanners, il existe aucun risque concernant une blessure. Il pourra jouer une partie contre Toulouse et être titulaire au prochain match.

Clément Grenier est-il proche de la reprise ?

C’est complexe, c’est une opération. C’est difficile de donner des délais, il est blessé depuis 1 an. Il a forcé, sa lésion date de décembre 2013. Il faut attendre. On peut imaginer courant février. C’est un dossier complexe.

Où en est Gueida Fofana ?

Il a repris l’activité depuis un moment. Guiëda a été voir le chirurgien, il a confirmé que l’opération a été un succès.

Aujourd’hui, il n’a pas une assez grande flexion au niveau de la cheville. Se mettre sur la pointe des pieds, c’est difficile à faire pour lui.

Il faut qu’il gagne de l’amplitude.

Normalement, il n’ y avait pas de retour cette année. Pour le moment, on n’a pas de date de retour. Le jour où il reviendra, ça sera sur du long terme.

Yassine Benzia ?

Benzia est en phase de reprise, il devrait reprendre l’entraînement collectif dans les 15 jours.

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